BETTY DE TIFFANY MCDANIEL

Lorsqu’un livre obtient une note aussi élevée sur certains sites de critiques littéraires et qu’il se voit, en plus, couronner du prix du roman FNAC 2020, c’est que, généralement, il a plu au plus grand nombre. Concernant Betty de Tiffany McDaniel, je laisse mon opinion rejoindre la vôtre. Betty est mon premier coup de coeur de l’année 2021 et oui, c’est roman magistral !

Née d’un père Cherokee et d’une mère blanche, Betty Carpenter est la sixième d’une longue fratrie. Après de longues années sur les routes, la famille Carpenter pose ses valises dans la petite ville de Breathed dans l’état de l’Ohio, connu pour ses luxuriants paysages. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit mais subit sa différence : celle d’être une petite indienne, comme la surnomme affectueusement son père, Landon. Malgré l’apparence soudée de la famille Carpenter, les secrets les plus sombres, ceux qui se cachent dans l’ombre et resurgissent sans crier gare, réapparaissent progressivement.

« Devenir femme, c’est affronter le couteau. C’est apprendre à supporter le tranchant de la lame et les blessures. Apprendre à saigner. Et malgré les cicatrices, faire en sorte de rester belle et d’avoir les genoux assez solides pour passer la serpillière dans la cuisine tous les samedis. Ou bien on se perd, on bien on se trouve. »

Lorsque j’ai commencé Betty, au bout de la centième pages, je ne savais toujours pas trop à quoi m’attendre, quelle était l’intrigue de cet ouvrage et où l’auteur voulait en venir. Plus j’avançais dans l’histoire, plus j’avais cette impression de démêler un gros sac de noeuds, puis j’ai compris. Betty c’est un morceau, une tranche de vie. Celle de l’enfant qui croit encore aux histoires magiques inventés par un père à l’imagination inépuisable, puis de la jeune fille qui garde ses souffrances et les enterre sous terre au fond de son jardin, et enfin, celle de la jeune femme qui se rebelle et qui décide de prendre son propre chemin. Une enfance brisée, égratignée, meurtrie qui donne pour résultat une femme courageuse, forte et solaire. En d’autres termes, c’est une ode à la vie et à la liberté.

Similaire à My Absolute Darling de Gabriel Tallent pour sa noirceur, Betty aborde des thèmes complexes, tabous : pauvreté, racisme, inceste, viol, suicide, drogue. Autant de sujets qui pourraient qualifier ce roman de sombre et de sordide. Mais parmi l’enfer, il y a une lumière puissante et régulière tout au long de cet ouvrage : son père, Landon Carpenter. Un père courage, un père aux milles et une métaphores pleines de poésie, un père aimant, un père dont la vieillesse ne touche pas.

Betty est un roman intense et poignant. Malgré ces 716 pages, que certains peuvent trouver un peu rébarbatives, ce roman est à lire au moins une fois dans sa vie. Tout d’abord, pour la plume de la jeune auteure qui a le don de faire côtoyer l’horreur à la beauté.

En conclusion et pour reprendre les mots de Tiffany McDaniel :

« Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune ».

Ce livre te plaira si :

– Tu as apprécié My Absolute Darling de Gabriel Tallent.

– Pour toi, la famille, il n’y a rien de plus important.

– Si tu te sens en communion avec la nature.

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